Discografia

 


 

Prima registrazione  mondiale 

 

 

 

    

Estratti dal Cd

Sonata II - Andantino  417 Kb

Sonata III - Allegro  588 Kb

Sonata II - Rondo  593 Kb

Sonata V - Non tanto Allegro  1 m

 

Dans les plus récents études sur la musique instrumentale italienne entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, il est en train de ressortir avec plus d’évidence la physionomie de celle qu’on pourrais définir une véritable « école » napolitaine de violon, représentée par Gian Carlo Cailò, Pietro Marchitelli, Nicola Matteis, Angelo Ragazzi, Nicola Fiorenza, Michele Mascitti, les deux Barella. Musiciens dont l’activité se déroula pendant plus qu’un siècle, à partir des années soixante-dix du XVIIème jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, ils appartiennent à juste titre au rang d’instrumentistes – compositeurs italiens dont les recherches marquèrent des étapes importantes pour le progrès de la technique violoniste, en contribuant à garder vivante la musique instrumentale dans une civilité de plus en plus dominée par les développements du mélodrame. L’une des figures les plus intéressantes de ce groupe est Emanuele Barbella, qui au début s’est formé avec son père Francesco, compositeur et « maître d’instruments à cordes » au Conservatoire de S.Maria di Loreto. Après la morte prématurée de son père, arrivée en 1733, Barbella continua son apprentissage du violon avec Angelo Zago et Pasqualino Bini (élève de Tartini), en étudiant aussi composition avec Michele Caballone, Leonardo Leo et, peut-être avec le Père Martini à Bologne. Devenu en 1753 premier violon du théâtre Nuovo de Naples, trois ans après Barbella entra au service de la Chapelle Royale ; à partir du 1761 joua dans l’orchestre du théâtre S.Carlo exerçant aussi l’activité d’enseignement au Conservatoire de S.Onofrio. Charles Burney, qui le connut pendant sa permanence à Naples en octobre 1770, il en parla comme de la « créature la plus bonne que je n'aie jamais connu », doué d’un caractère « doux comme la musique de son violon ».


Une grande partie de la réputation jouie par Barbella de son temps et dans la postérité dériva décidément des opinions de Burney, dont l’estime s’accompagnais à des réserves, surtout pour ce qui concerne le style exécutif : « Si jamais il étais plus brillant, s’il donnais plus de voix à son instrument, si son style était plus varié, sa façon de jouer serait irrépréhensible, et peut-être supérieur à la plupart des violonistes européens » ; par contre le jugement sur le compositeur était plutôt favorable : « Il connaît bien la musique, ses compositions sont riches de fantaisie et elles ont une empreinte pour rien désagréable d’inusitée bizarrerie ». Les œuvres de Barbella connurent une certaine diffusion européenne s’il est vrai qu’à Paris et à Londres – les deux majeurs centres de publication de musique de chambre dans le troisième quart du siècle – furent éditée entre le 1762 et le 1774 dix de ses recueils de sonates, duos et trios. Ces compositions, avec des autres restée manuscrites, répondaient à peu près aux horizons d’attente d’un publique qui à l’époque demandait simplicité et agrément ; mais les occasionnelles surprises harmoniques et le recours à motifs qui s’inspirent de l’art populaire – connotations dans lesquelles on reconnaît peut-être l’influence de l’école de Tartini dont venait Barbella – portaient aussi la vague d’ « inusitée bizarrerie » dont parlait Burney, qui pouvait représenter un coté charmant pour le publique plus cultivé et au courant des nouveautés.


Le plus grand protecteur et estimateur de Barbella à Naples fut en effet le raffiné connaisseur William Hamilton, ambassadeur anglais à la cour des Bourbons et qui fut peut-être aussi l’intermédiaire avec l’éditeur de Londres. On dédia à lui les six trios pour deux violons et violoncelle, publiés à Londres par Welcker en 1772, compositions qui bien représentent le stade évolutif d’un genre largement cultivé au cours de cette période (parmi les autres par Haydn et Boccherini), précisément pour celle qu’aujourd’hui nous paraît sa nature de transition. Dans ces trios de Barbella la prescription du violoncelle au lieu de celle plus ambiguë de la « basse », semblerait s’encadrer dans le plus vaste phénomène qui voyait le genre aller se détacher de la Sonate à trois ; mais la présence des nombres dans la partie du violoncelle représente un donné de signe contraire, qui n’est pas seulement justifiable par l’usage éditorial qui, d’après des obvies raisons commerciales, continuais à garder les indicatifs numériques de la basse continue même quand n’était pas expressément demandé un instrument à clavier. Les distances parfois très larges parmi les parties, les indications récurrentes de « touche solo » correspondants à des notes répétées de la basse, le soupir presque orchestrale de certaines pages, laissent penser que le clavecin ici est encore nécessaire. A cette caractéristique conservatoire contrebalance une écriture qui se montre en ligne avec les tendances prédominantes pendant ces années là, soit pour les choix formels surs soit pour le soupir simple et chantant des trames. Le recueil présente une évidente homogénéité dans l’écriture : la distribution des rôles voit le premier violon protagoniste, tantôt accompagné par les deux autres instruments, tantôt occupé avec eux par des courts dialogues ; la structure se déroule toujours dans trois mouvements, avec une succession constante par rapport à laquelle fait exception seulement le cinquième trio (ouvert par un larghetto, auquel suit un large allegro central avec un caractère brillant et pour terminer un andantino tout bas). Le mouvement initial est toujours le plus complexe, avec une coupure mi-partie et une allure harmonique qui conduit vers la dominante à la fin de la première section pour retourner après à la tonique pour la reprise du thème d’ouverture ; à la symétrie de cette structure correspond un rythme syntactique animé par des irrégularités récurrentes et asymétries. Les autres deux mouvements sont souvent plus simples et moins surprenants : le mouvement central (larghetto ou andantino), est le lieu privilégié d’une cantabile affectueuse et discrète ; le mouvement final en guise de rondeau, se dénoue par des phrases courtes et incisives. Dans toutes ces pages Barbella décline les conventions du style galant avec une vitalité qui se montre pétrie de l’esprit de l’opéra bouffe napolitaine et qui toutefois vise à une euphonie purement instrumentale : le pas court des inventions mélodiques, la très faible présence des enjolivements, les occasionnels effets dynamiques, les trouvailles humoristiques, se maintiennent toujours en équilibre sur les bornes tracées par le précepte du « bon goût selon nature » de Tartini.


Pier Paolo De Martino - Egidio Mastrominico 

Traduction: Laura Colucci

 

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